J’ai profité le temps d’un week-end pour échapper à la grande ville et me mêler à la plèbe afin de voir ce qu’il en était du monde rural mexicain. Direction San Martín de Hidalgo où une fête de village bat son plein depuis déjà une semaine.
Petite parenthèse au passage, j’ai bien essayé de savoir ce qu’on fêtait exactement sans pour autant avoir une réponse correcte qui tient la route. Mais partez du principe que pour un Mexicain, n’importe quel prétexte est bon pour boire un coup et faire la fête : Cela va de la naissance du dernier petit cousin au jour de l’indépendance, sans oublier les posadas (grandes fêtes dans lesquels on brise la piñata) qu’on commence dès la fin novembre alors que la date de lancement est le 12 décembre, jour de l’apparition de la virgen de Guadalupe.
Pour en revenir à la fête du village, si on excepte les attractions foraines et autres chingaderas gringas (cf dialecte mexicain ;) ) qui ont colonisé le village, on y trouve un parfait spécimens autochtone quasi fidèles au cliché qu’on a des mexicains : Le ranchero. Droit comme un « i », la chemise à carreaux bien ajustée afin de faire ressortir sa ceinture, le pantalon tombant parfaitement sur le haut de ses bottes en cuir à talons (comprenez, le mexicain n’est pas bien grand). Sans oublier bien sûr la moustache et le sombrero et vous avez ici le typique danseur de banda.
Reste à définir la banda… Décrivons-la comme un chant populaire très rural de pauvres hommes qui chantent leurs amours déchus. Un peu dans la même trempe que notre Joe Dassin national qui s’en va siffler sur la colline, quoique l’air et le ton reste relativement différent : Trompettes, guitares et accordéons vous lancent dans un rythme entraînant même si la danse devient rapidement lassante. Le couple, bien serré, la jambe droite de la femme entre celle de l’homme, ne fait plus qu’un et se met sautiller un peu partout, je sais ça peut paraitre bizarre mais voyez par vous-même ci-dessous…
Alors évidement ça fait rire tellement ça fait cliché mais crois moi l’ami après une nuit de banda, on en a rapidement ras-la-casquette, surtout quand les groupes s’amusent à jouer juste en dessous de la fenêtre à 6 heures du mat. Histoire de réveiller les gens de leur Guelle de bois qui n’ont plus qu’à aller manger épicé. Et oui, à ce qu’il parait, manger piquant soigne les lendemains de fêtes difficile. Personnellement, cette méthode m’apparait tellement radicale que je ne me demande si je ne préfère pas ne pas me guérir.
Quant à la Sierra de Quila, zone montagneuse, s’il me fallait résumer ma pensée, je la tirerais de mon Moleskine, ce petit carnet bien ancré dans la poche arrière droite de mon pantalon : « A l’arrière du Pick-up, le froid me mordant le visage, le dos secoué par la route cabossée, le fessier chauffé par le moteur dans la Sierra de Quila, ça doit être ça le bonheur ».
"Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croît qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait." Nicolas Bouvier
lundi 20 décembre 2010
mardi 23 novembre 2010
Dialecte Mexicain
Après avoir brillamment entamé mon troisième mois de pérégrinations actives au Mexique, je pense pouvoir me risquer à un petit essai sur l’art de parler mexicain. D’autant que mes parents se seraient à présent mis avec entrain à l’apprentissage de la langue castillane (paraîtrait-il), une bonne raison donc de mettre tout le monde dans le bain.
Je vous passe le chapitre de l’accentuation, du parler-beauf (le naco au Mexique), tout exposer serait en effet trop long, mais ne vous en faites pas lecteurs passionnés et assidus (inch’allah), j’essayerai de vous en faire part dans mes prochains articles, aujourd’hui c’est l’art du vocabulaire qui s’expose à vous. Enfin aux professeurs d’espagnol qui rôderaient sur ce site, guettant impitoyablement la moindre erreur de ma part, je m’excuse d’avance de mon ignorance si jamais j’avais le malheur de commettre la confusion du vocabulaire mexicain alors qu’il existe réellement en castillan.
Les mexicains ont cette faculté à rajouter des petits détails un peu partout dans leur phrase sans qu’on s’en aperçoive réellement. Tout d’abord, le bien utilisé à tort et à travers un peu partout qu’on pourrait aisément remplacer par un muy : está bien lejos, es bien simpático ese wey (ne vous en faites pas je reviendrai sur le wey un peu plus tard).
A un certain moment, je me suis également aperçu que j’avais cette (fâcheuse) tendance à insérer un como dans chacune de mes phrases. Intrigué j’ai donc activement cherché le coupable qui influait sur ma façon de parler pour finalement me rendre compte que tout le monde l’utilisait…
Enfin, dernier détail, plus voyant celui-ci : le rajout quasi-systématique à chaque nom commun du préfixe –ito(a). Tenez, aujourd’hui encore je me suis fait surprendre par un invité qui m’a demandé un vasito de aguita ! Mais mon préféré reste tout de même le ahorita. En espagnol, ahora signifie maintenant. Mais ici, il prend une tournure totalement ambigüe et reflète on ne peut mieux la mentalité mexicaine du toujours en retard ou plus exactement du « on a toujours le temps ». Ainsi, ahorita signifie à la fois maintenant, tout de suite, tout à l’heure, dans 2/3 heures, peut-être demain voir dans deux jours, tout dépend de la personne et du contexte.
Pour ce qui est du vocabulaire, vous pouvez trouvez des mots qui peuvent tout et rien dire à la fois. Concentrons-nous sur trois mots.
Premièrement la onda, littéralement l’onde, est l’un des premiers mots qu’on vous adresse quand vous arrivez ¿Qué onda ? A ce moment précis, le système immunitaire de défense verbale dont vous êtes doté vous incitera à répondre Buena onda ¿y tú ? Pas de bol camarade, tu tombes à coté de la plaque. Cette question n’attend aucune réponse, il suffit d’y répondre par la même altercation. En revanche la buena onda, c’est histoire de dire s’il quelqu’un ou quelque chose te « tombe bien » (caerse bien en espagnol), si c’est cool quoi, à l’inverse de la mala onda. Après on peut trouver quelques petites expressions du genre Me saco de onda (je me déconcentre) mais bon pour le coup mieux vaut utiliser Se me van las cabras, plus drôle (littéralement J’ai les chèvres qui s’en vont).
Deuxio, je passe dans le langage un peu plus familier el pedo, littéralement le pet, incontournable. N’allez pas croire que lorsque quelqu’un vous adresse un Qué pedo il salue la performance expéditive de votre anus, mais il vous demande ce qu’il se passe, quel est le problème. De même le No hay pedo signifie qu’il n’y a pas de problèmes. Pour faire simple, traduisez par blème.
Enfin, maître du Mexique et impliquant une grande maîtrise, le verbe chingar. Inutile de me demander d’où il vient, je n’en ai pas la moindre idée. Un conseil, évitez de le répéter sans savoir dans quel contexte l’employer. Entre hay un chingón de gente (Il y a plein de monde), ¡hey chingón ! (hey mec !) chinga tu madre (je vous fais pas la traduction), a la chingada (qu’il aille de se faire foutre) … vous comprendrez que la confusion est facile.
Enfin, si jamais vous voulez interpellez quelqu’un dans la rue, selon la personne vous devrez employer un vocabulaire spécifique, dans la majorité des cas mieux vaut tutoyer la personne sauf si elle est vraiment beaucoup plus âgée que vous. Si vous êtes un peu âgé, et que vous vous adressez à un jeune, dites-lui joven ou chavo(a) (très utilisé au Mexique). Le passe partout, c’est le amigo, ca marche quasiment partout, le chauffeur de taxi, le passant, le serveur… Préférez toutefois primo (cousin) pour le vendeur de tacos. Enfin entre amis, on peut utilisé le wey (prononciez güey) mais là aussi attention, le wey ne peut pas être utilisé à toutes les sauces il ne connaît pas encore totalement l’égalité homme/femme gare aux ¡No me weyes !
Pour terminer voici un petit recueil de vocabulaire. Voilà pour toi l’ami, désolé pour la longueur mais j’espère que tu trouveras l’article bien chingón.
¡Andale! Exact ou vas-y donc
¿A poco ? Ah bon ?
Antro: boîte
Bronca : Problème,synonyme de pedo, je ne sais pas si c’est la raison, mais je me demande si le verlan ne s’exporte pas
La cruda : la guelle de bois
Chafa : Faux, mal fait
Chaparro : un petit (pour une personne). Dites chaparrito
Chavo(a) : Le gars
Chela : Une cervoise, bière
Chido : Cool
Chingadera : Saloperie, cochonerie
Fresa : Snob, Bourgeois
Gringo : L'américain par excellence, il parle anglais et se croit chez lui
Güero : Personne aux cheveux et aux yeux clairs, terme affectif pour parler d’un étranger beaucoup moins péjoratif que le gringo
¡No manches ! Arrête ton char
¡No mames ! Version plus vulgaire que le ¡No manches !
Naco : Le beauf par excellence
Padre : littéralement le père mais aussi utilisé pour dire cool, sympa. A l’inverse de madre qui a plutôt une connotation péjorative du genre ¡Me vale madre ! (rien à foutre) ¡A la madre ! (quelle merde)
una Peda : Une cuite
Pinche : foutu
Sabe : Contraction de quien sabe, (qui sait ?)
Je vous passe le chapitre de l’accentuation, du parler-beauf (le naco au Mexique), tout exposer serait en effet trop long, mais ne vous en faites pas lecteurs passionnés et assidus (inch’allah), j’essayerai de vous en faire part dans mes prochains articles, aujourd’hui c’est l’art du vocabulaire qui s’expose à vous. Enfin aux professeurs d’espagnol qui rôderaient sur ce site, guettant impitoyablement la moindre erreur de ma part, je m’excuse d’avance de mon ignorance si jamais j’avais le malheur de commettre la confusion du vocabulaire mexicain alors qu’il existe réellement en castillan.Les mexicains ont cette faculté à rajouter des petits détails un peu partout dans leur phrase sans qu’on s’en aperçoive réellement. Tout d’abord, le bien utilisé à tort et à travers un peu partout qu’on pourrait aisément remplacer par un muy : está bien lejos, es bien simpático ese wey (ne vous en faites pas je reviendrai sur le wey un peu plus tard).
A un certain moment, je me suis également aperçu que j’avais cette (fâcheuse) tendance à insérer un como dans chacune de mes phrases. Intrigué j’ai donc activement cherché le coupable qui influait sur ma façon de parler pour finalement me rendre compte que tout le monde l’utilisait…
Enfin, dernier détail, plus voyant celui-ci : le rajout quasi-systématique à chaque nom commun du préfixe –ito(a). Tenez, aujourd’hui encore je me suis fait surprendre par un invité qui m’a demandé un vasito de aguita ! Mais mon préféré reste tout de même le ahorita. En espagnol, ahora signifie maintenant. Mais ici, il prend une tournure totalement ambigüe et reflète on ne peut mieux la mentalité mexicaine du toujours en retard ou plus exactement du « on a toujours le temps ». Ainsi, ahorita signifie à la fois maintenant, tout de suite, tout à l’heure, dans 2/3 heures, peut-être demain voir dans deux jours, tout dépend de la personne et du contexte.
Pour ce qui est du vocabulaire, vous pouvez trouvez des mots qui peuvent tout et rien dire à la fois. Concentrons-nous sur trois mots.
Premièrement la onda, littéralement l’onde, est l’un des premiers mots qu’on vous adresse quand vous arrivez ¿Qué onda ? A ce moment précis, le système immunitaire de défense verbale dont vous êtes doté vous incitera à répondre Buena onda ¿y tú ? Pas de bol camarade, tu tombes à coté de la plaque. Cette question n’attend aucune réponse, il suffit d’y répondre par la même altercation. En revanche la buena onda, c’est histoire de dire s’il quelqu’un ou quelque chose te « tombe bien » (caerse bien en espagnol), si c’est cool quoi, à l’inverse de la mala onda. Après on peut trouver quelques petites expressions du genre Me saco de onda (je me déconcentre) mais bon pour le coup mieux vaut utiliser Se me van las cabras, plus drôle (littéralement J’ai les chèvres qui s’en vont).
Deuxio, je passe dans le langage un peu plus familier el pedo, littéralement le pet, incontournable. N’allez pas croire que lorsque quelqu’un vous adresse un Qué pedo il salue la performance expéditive de votre anus, mais il vous demande ce qu’il se passe, quel est le problème. De même le No hay pedo signifie qu’il n’y a pas de problèmes. Pour faire simple, traduisez par blème.
Enfin, maître du Mexique et impliquant une grande maîtrise, le verbe chingar. Inutile de me demander d’où il vient, je n’en ai pas la moindre idée. Un conseil, évitez de le répéter sans savoir dans quel contexte l’employer. Entre hay un chingón de gente (Il y a plein de monde), ¡hey chingón ! (hey mec !) chinga tu madre (je vous fais pas la traduction), a la chingada (qu’il aille de se faire foutre) … vous comprendrez que la confusion est facile.
Enfin, si jamais vous voulez interpellez quelqu’un dans la rue, selon la personne vous devrez employer un vocabulaire spécifique, dans la majorité des cas mieux vaut tutoyer la personne sauf si elle est vraiment beaucoup plus âgée que vous. Si vous êtes un peu âgé, et que vous vous adressez à un jeune, dites-lui joven ou chavo(a) (très utilisé au Mexique). Le passe partout, c’est le amigo, ca marche quasiment partout, le chauffeur de taxi, le passant, le serveur… Préférez toutefois primo (cousin) pour le vendeur de tacos. Enfin entre amis, on peut utilisé le wey (prononciez güey) mais là aussi attention, le wey ne peut pas être utilisé à toutes les sauces il ne connaît pas encore totalement l’égalité homme/femme gare aux ¡No me weyes !
Pour terminer voici un petit recueil de vocabulaire. Voilà pour toi l’ami, désolé pour la longueur mais j’espère que tu trouveras l’article bien chingón.
¡Andale! Exact ou vas-y donc
¿A poco ? Ah bon ?
Antro: boîte
Bronca : Problème,synonyme de pedo, je ne sais pas si c’est la raison, mais je me demande si le verlan ne s’exporte pas
La cruda : la guelle de bois
Chafa : Faux, mal fait
Chaparro : un petit (pour une personne). Dites chaparrito
Chavo(a) : Le gars
Chela : Une cervoise, bière
Chido : Cool
Chingadera : Saloperie, cochonerie
Fresa : Snob, Bourgeois
Gringo : L'américain par excellence, il parle anglais et se croit chez lui
Güero : Personne aux cheveux et aux yeux clairs, terme affectif pour parler d’un étranger beaucoup moins péjoratif que le gringo
¡No manches ! Arrête ton char
¡No mames ! Version plus vulgaire que le ¡No manches !
Naco : Le beauf par excellence
Padre : littéralement le père mais aussi utilisé pour dire cool, sympa. A l’inverse de madre qui a plutôt une connotation péjorative du genre ¡Me vale madre ! (rien à foutre) ¡A la madre ! (quelle merde)
una Peda : Une cuite
Pinche : foutu
Sabe : Contraction de quien sabe, (qui sait ?)
vendredi 5 novembre 2010
Michoacán épisode 3 : Pérégrination en terre indigène
Ne vous y trompez pas, j’ai bien trois semaines de retard sur mon blog, il arrive un moment tout va beaucoup trop vite et ou je n’arrive plus à suivre. Aussi, m’en voyez-vous désolé si je me consacre uniquement à mes expéditions et non à mon « rapport d’étonnement » des coutumes mexicaines qui m’avait été cher au départ. J’espère toutefois que vous vous retrouverez dans cette ultime pérégrination de mon premier week-end passé dans l’Etat du Michoacán (oui entre temps il y en a eu un autre je suis vraiment à la bourre). Aussi ne vous méprisez pas sur le terme indigène que j’utilise, il ne me vient pas d’une vision coloniale de la chose mais il m’apparaît simplement plus familier que le mot « amérindien » davantage utilisé sur le continent européen étant donné que je l’ai traduis de indígena par barbarisme.
En rentrant donc le samedi soir du festival du cinéma dans notre repaire hippy, Gisel, colocataire de Jésus, nous propose une excursion à un festival de danse indigène dans le fin fond de la région à deux heures de Morelia (rassurez-vous pour les mexicains qui ont un pays quatre fois plus grand que la France c’est rien du tout) pour le lendemain et ceci jusqu’au lundi. Malgré mes deux cours du lundi et une exposition que je dois présenter le mardi, je décide de me joindre au groupe, après tout, autant voir la vie comme une succession d’opportunités à saisir.
Nous voilà donc partis le dimanche après-midi après avoir préalablement regarder la projection de ¡Viva Zapata ! Direction Zacán. Pour y aller, on s’enfonce dans les routes obscures et sinueuses au milieu des montagnes et des volcans éteints. Une fois sur place, le choc culturel est saisissant : les vêtements colorés ont chacun une signification différente, le castillan a laissé sa place au Purepecha, langue parlée par les communautés indigènes du même nom.
De curieuses coutumes persistent dans cette zone reculée. Parmi elles, le « vol des fiancées ». Rien à voir avec le narcotrafic je vous rassure : Chaque dimanche se présente sur la place du village deux petits groupes de jeunes face à face, un de garçons et un autre de filles, tous d’environ entre 15 et 18 ans. Les garçons, fleur à la main, traversent la place pour l’offrir à la jeune demoiselle de leur choix. Si cette dernière accepte, ils deviennent officiellement novios tout en restant dans une relation très pudique. Seulement qui sait, il est bien possible que lors d’une belle nuit éclairée par la lune, le jeune homme décide de dérober sa compagne à la famille de cette dernière pour l’emmener dans son chez lui (notez qu’à cet âge le chez-soi en question n’est autre que la maison des parents).
Vous l’aurez donc compris, dépaysement total et expérience marquante au pays des couleurs. Je rentre finalement le lundi soir chez moi à 23h pour terminer mon exposition à 4h du matin, fatigué mais heureux.
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| Danse indigène du Michoacán |
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| Marché artisanal |
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| La vierge entourée de fleurs et l'église peinte sur bois (ci-dessous) montrent le métissage des cultures Purepecha et Espagnol |
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| L'artisanat local |
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| Maison traditionnelle |
mardi 26 octobre 2010
Michoacan épisode 2 : Couleurs de Morelia
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| La cathédrale de Morelia |
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| Représenté ici dans cette fresque murale, Morelos, général durant la guerre d'indépendance, qui donnera son nom à la ville dénommée autrefois Valladolid |
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| L'Etat du Michoacan est très connu pour la célébration de la fête des morts |
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| Morelia, une terre de légende |
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| La cathédrale de nuit |
Michoacán épisode 1 : Jésus fait du vélo tout nu
Arrivés à Morelia le vendredi soir avec Martín, bon camarade argentin de la fac, le prétexte de notre visite dans cette ville coloniale de l’Etat du Michoacán se concentre sur le Festival International de Cinéma. Pour notre hébergement, couchsurfing s’impose comme une évidence suite à l’expérience extrêmement positive que j’ai vécue à mon arrivée à Guada et c’est Jésus (prononciez Réssousse) qui nous accueille.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire à entendre ce prénom à consonance un peu arriérée, nous nous retrouvons dans un repaire de néo-hippies : Avec ces quatre colocataires et quelques bons camarades, Jésus a participé l’année passée à une manifestation cycliste tout nu dans le but de promouvoir la pratique de la bicyclette en ville.
La nuit venue, tous ces bons vieux compagnons avec pour compagnie quelques amis, accoudés à la table de la salle à manger se mettent à refaire le monde avec pour débat la fiction est-elle plus forte que la réalité ou l’inverse ? On y évoque les manifs de soutien à Obrador en 2006/2007, les projets pour la prochaine conférence internationale du climat à Cancún. Certains se prennent à conter leurs (més)aventures : Du désert aux soirées, les propos sont tellement farfelus qu’on se permet de douter de leur véracité, néanmoins l’anecdote, tellement bien narrée pardonne le conteur. Après tout, tout réside dans la forme.
La pièce regorge de personnes qui seraient dignes des personnages de romans les plus excentriques. Prenez ce petit homme aux cheveux longs, isolé dans son coin et grattant frénétiquement son carnet. A peine vous vous approchez de lui pour voir ce qu’il dessine qu’il se met à sursauter, complètement surpris que quelqu’un ait éclaté la bulle dans laquelle il s’était enfermé avant d’émettre un rire aigu secouant le haut de son corps, comme agité par un hoquet continu.
En fond sonore, La Mano Negra, Manu Chao, un peu de reggae, pas mal de blues et quelques chansons révolutionnaires chantées par Ska-P. Une personne se prend à battre le tempo sur la table, bientôt suivi par un autre compagnon qui frappe le rythme. Finalement, on décide de délaisser les chansons pour les instruments de musique : Saxophones, flûtes et percussions en tout genre sont de sorties pour jouer tout au long de la nuit.
¡Bienvenido a Morelia!
| quelques photos de la marche cycliste nudiste |
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| Le principe étant de se dévêtir pour que le cycliste soit enfin vu des autres usagers de la route, le tout en gardant l'idée initiale des hippies de s'affranchir de la mode vestimentaire |
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| Tunatiuh, un conteur aguerri |
jeudi 21 octobre 2010
Tequila
Petite visite à Tequila le temps d’un dimanche, comme son nom l’indique, ville de la célèbre boisson mexicaine. On y visite quelques fabriques, découvre le procédé de fabrication avec bien sûr une petite dégustation.
La légende aztèque raconte que la foudre se serait abattue sur un agave bleu, le brûlant et faisant s’écouler un liquide parfumé. Les aztèques, le prenant comme un don de Dieu, s’empressèrent de le boire.
Pour les intéressés voici un petit récapitulatif des types de Tequila, mais ne pensez pas trouver les meilleures dans les grandes surfaces.
Dans la qualité du type 1, autrement dit el tequila blanco la boisson est de basse qualité, au goût plus dur et qui n’a pas vieilli dans son fut.
Vient ensuite el tequila joven (récemment mis en bouteille), c’est le cas de notre San José qu’on trouve en France : au nom déjà plus que douteux et marque inconnue au Mexique, elle n’est rien d’autre qu’une tequila du type blanco mélangé avec d’autres tequila plus mûres avec quelques arômes et colorants en plus, c’est la plus courante à l’exportation.
Vient ensuite el tequila reposado, qui est du même type que la précédente à l’exception qu’il a reposé au moins deux mois dans sa barrique en bois.
Pour produire el tequila añejo, la tequila doit rester au moins un an dans une barrique de moins de 600L, le tout étant cellé par un officier gouvernemental (attention ça devient sérieux).
Enfin le must : El tequila extra añejo, qui aura vieilli au moins trois années dans sa barrique moisi dans les mêmes conditions que el tequila añejo.
Bref, pour faire court, la tequila c’est comme la gnôle de pomme de mes grands-parents de Saint-Pierre de Plesguen, plus ça a un goût de bois moisi, plus c’est bon, plus ça vaut cher. Mais bon entre nous, j’ai du mal à voir quel est l’intérêt d’avoir une bonne tequila si de toute manière elle si forte que vous devez vous y reprendre à trois fois pour finir votre shooter de 3cm. Paraitrait-il que la guelle de bois serait « moins forte » et plus « saine ». Cela reste à voir…
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| Musée de la Tequila |
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| Une vache au milieu des champs d'agave |
| Le coeur de l'agave prêt à passer au four pour distillation |
jeudi 14 octobre 2010
Quand on se prend à traverser le Golfe du Mexique...
A écouter durant votre lecture :
Vendredi soir, une forte odeur de cigare embaume le bar. Sur les murs tapissés de graffitis et de photos ornent portraits du Che, autres photos et inscriptions en tout en genre. Parmi elles, Libertad, música y apparaissent à plusieurs reprises. En guise de voyage ce soir, vous l’aurez compris: Cuba.
Tous les trois dans leur costume de chemise à fleurs noires et blanches et vêtu d’un pantalon noir, contrebassiste et guitariste frottent énergiquement leurs instruments tandis que leur troisième compère s’attelle à faire chanter ses maracas. Le tout accompagné de cette voix cubaine si particulière : Entre cri et chant dont l’auteur semble maîtriser chaque échappement de voix si claire aux niveaux des tonalités et si incompréhensible quant à ses paroles.
Le public, enjoué par le rhum des mojitos se prend au jeu de la salsa et bientôt c’est toute la tablée qui se met à chanter sous ce rythme tropical. Ces chansons de Celia Cruz, de Buena Vista Social Club nous transportent de l’autre côté du Golfe, soufflant ce vent d’espoir qui fût si fort dans les années 60.
Cette enthousiasme sera rapidement calmé par une addition amèrement capitaliste, il faut se rendre à l’évidence, Cuba ne restera qu’un rêve gâché…
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